Municipales : la démagogie écrase la pédagogie ! ou Les maires civiques honorés d’un Mât d’Ulysse

 Michel Le Net
Ingénieur général honoraire des Ponts et Chaussées
Collectif République exemplaire
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L’annonce revient sans cesse, tel un refrain que psalmodient les sages du monde. Il nous faut réduire la voilure, pour ne pas s’écraser sur les récifs ! Mais rien n’y fait. N’est pas Ulysse qui veut, s’enchainant au mat du navire pour ne pas céder au chant des sirènes.

Nos maires de demain, à les écouter, raseront gratis. À aucun endroit, à aucun moment, n’apparait dans leurs propos la retenue attendue de la part de ceux qui postulent aux commandes. Et la démagogie s’amplifie suivant la taille de la ville. Davantage à Paris qu’à Châteauvieux-les-Fossés qui, comme chacun le sait, est la plus petite commune de France,

La hausse ininterrompue des dépenses des collectivités territoriales sont d’un autre monde. Que leurs effectifs aient doublé en dix ans, et leurs dépenses aussi dans le même temps (près de 60 milliards d’euros, coût de la dette publique annuelle), n’est nulle part évoqué. N’abordons pas les sujets qui fâchent !

Par contre, le Père Noël nous revient dans un mois. Le déluge des annonces démagogiques pour faire du prochain mandat le rénovateur urbain, à l’image de Thomas More qui aspirait à un gouvernement idéal où le peuple vivrait benoitement heureux, est exécrable. Tel candidat à une ville moyenne, dont le centre de la cité est à moins de trois kilomètres de plusieurs théâtres d’importance nationale, met dans sa corbeille une nouvelle scène de la même importance. Une station de métro au pied de chaque immeuble ! Tel est le souhait de chaque parisien. Aussi un cinéma, une piscine, un parc de loisirs. Éventuellement un tribunal, un hôpital et le cimetière, pour tout citoyen, s’il reste des sous…

Est-il surhumain pour un prochain élu d’être raisonnable ? De stabiliser les dépenses, sinon de les réduire ? Et si les contribuables locaux sont à même d’accepter de nouvelles contributions financières, d’en reverser le produit au Budget pour réduire la dette du pays ? Est-ce rêver que d’être de bon sens ?

S’il était de prochains maires qui s’engagent ainsi, qu’ils soient les premiers à recevoir un Mât d’Ulysse, assurance de leur probité, gage de leur sens civique. L’appel est lancé !

Une réflexion au sujet de « Municipales : la démagogie écrase la pédagogie ! ou Les maires civiques honorés d’un Mât d’Ulysse »

  1. Oui la démagogie de certains candidats aux élections municipales peut écraser la pédagogie que devrait avoir leurs discours. Il faut cependant mettre un bémol à cette déclaration. Pourquoi ?
    La France et notre vie démocratique est riche de ses 36000 communes ! Malheureusement il n’y a pas que des élus exemplaires. Certains veulent être pour leurs communes la grenouille qui veut devenir plus gros que le bœuf. Mais comme je le rappelle souvent dans mes réactions, l’exemple vient de haut et force est de constater qu’au plus haut niveau de L’Etat sa gestion est loin d’être un exemple. Cette situation que vous le vouliez ou non ne favorise pas beaucoup d’élus à gérer avec plus de rigueur.
    Par contre une équipe municipale a très bien estimer que tel ou tel équipement était nécessaire pour le bien être de sa population , sans pour autant promettre que demain on rasera gratis . Ceci vu de l’extérieur avec des yeux critiques on hurlera au scandale par ce que cela va couter cher, fort du principe que lorsque l’on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage. En fait cette équipe avait eu au préalable la sagesse d’avoir étudier les capacités financière de leur commune pour déterminer que le fameux investissement se digèrerait dans les recettes de sa commune sans augmentation de la pression fiscale de sa population. Je souhaiterai que vous puissiez considérer que la meilleure gestion des fonds publics se trouve dans une grande partie des cas dans les petites communes ou dans les petites villes. Cette affirmation avait été donnée par un rapport de la cour des comptes.
    Là où il y a les plus grands gâchis c’est plutôt dans les villes de plus grande importance ou maintenant dans les grosses agglomérations.
    Les exemples sont légions. Rien que sur Saint Etienne Métropole je pourrais vous en écrire de très nombreuses lignes sur des très grandes réalisations au bilan financier non maitrisé de plus de deux fois plus cher que le budget approuver. De plus, ces projets sont souvent réalisés en toute illégalité, soit au regard de la procédure des marchés publics (stade Geoffroy Guichard) soit au regard de la loi de 1905 (Eglise Le Corbusier).
    Ce qui est plus grave encore c’est que sur ces exemples là le contrôle de légalité ne m’a pas donné l’impression qu’il avait formulé des avertissements aux élus en charge de ces dossiers. Vous mesurez qu’avec de très gros budgets en main trop d’élus se croient tout autorisés.
    C’est pour toutes ces raisons que je milite pour sauver les communes, ou villes de petites tailles, car je sais, à quelques rares exceptions, que ce sont dans ces communes que l’argent public est le mieux géré.
    Je terminerai par l’exemple de Lorette: Notre équipe est en place depuis 1989 en se faisant élire sur un programme très ambitieux pour son développement économique et social avec comme promesse : « nous gérerons notre comme sans faire de Chouchou ou de Délaissé et sans augmenter les taux des impôts des Lorettois plus vite que l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages et de charges des entreprises… »
    Nous terminons ce mandat avec 25 ans de gestion de notre commune en ayant tenu nos promesses. Non seulement nous n’avons pas augmenter les taux des impôts des Lorettois depuis 1989, mais nous les avons baissés de 12% en 25 ans.

    Gérard Tardy
    Maire de Lorette

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