Régionalisation : commençons par les 9 régions de l’Etat au service de la Nation

Paul Bernard
Préfet de Région (h). République exemplaire
__

  Quelle nouvelle régionalisation ? Il va de soi que dans un premier temps, la priorité doit être accordée à l’organisation territoriale de l’État lui-même, seul garant de l’unité nationale.
Pourquoi rechercher le regroupement systématique des régions pour satisfaire un quelconque nombre fétiche, alors qu’existent déjà 9 régions au titre des Zones de Défense, avec des fonctions territoriales, nationales et européennes.
Le bon sens voudrait que l’État commence par démontrer l’efficacité de son administration en regroupant services et forces vives sur ces 9 pôles décisionnels : Paris (Île-de-France) ; Lille (Nord) ; Rennes (Ouest) ; Metz (Est) ; Marseille (Sud) ; Bordeaux (Sud-ouest) ; Lyon (Sud-est) ; Orléans (Centre-ouest) ; Dijon (Centre-est).
Suivant cette nouvelle configuration de l’aménagement du territoire, les régions décentralisées auraient le temps long nécessaire pour apprivoiser et faire émerger des solidarités territoriales,  vécues en profondeur et démocratiquement concertées.
Il convient de dépasser les querelles mesquines, tenant aux conflits de frontières administratives. L’art de la cartographie ne consiste pas à s’exciter sur les périphéries des espaces composant. Il s’agit de fixer d’abord les centres, c’est-à-dire aujourd’hui les métropoles, foyers de rayonnement naturel, d’attractivité dynamique et d’entraînement économique. De plus il faut une colonne vertébrale, que seul l’État peut assurer, dans une France unitaire qui a épanoui la nation en transcendant les conflits de pouvoirs locaux.
Cet État territorial conserverait ses relais préfectoraux au sein des régions décentralisées. Il se préoccuperait, par la déconcentration, d’exercer le contrôle juridique et financier des collectivités territoriales, afin de garantir la solidarité financière, la discipline fiscale et la convergence économique. Ainsi pourrait être obtenue la réduction de l’hypertrophie des ministères.

  Notre pays, dont l’organisation territoriale est le fruit d’une longue histoire plus que millénaire, ne peut accepter n’importe quelle opération chirurgicale conçue dans la discrétion des officines politiques, technocratiques ou électorales.
Une grave erreur consisterait à jeter en pâture une carte préfabriquée à l’opinion publique pour exciter les féodaux et les médias, ravis de s’enliser dans les marécages des débats et si friands de tout ce qui divise. Au demeurant un  tel projet ne serait qu’un leurre en raison du front de rébellion que les soi-disant propriétaires de leur fief ne manqueront pas d’opposer au gouvernement. De toute façon, le citoyen-électeur contribuable doit avoir son mot à dire dans la réorganisation de la nation, afin de corriger le monopole politico-médiatique.
Alors on comprendrait mieux la réflexion de bon sens, rappelée par Antoine de Saint-Exupéry : « Si tu veux que les hommes se combattent, tu peux leur jeter du grain, mais si tu veux les unir autour de leur avenir commun, alors invite-les à construire une tour ! »

____

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>