La Surnatalité, avant le Réchauffemnt climatique

Michel Le Net

Chaud la terre ! 195 pays vont envoyer chez nous des êtres pensants en décembre prochain, pour limiter à 2°C le réchauffement de la planète !

Sus aux mille généreuses idées qui vont fuser de toutes parts, pour relever le défi… En attendant la Conférence suivante aux mêmes objectifs. Parce qu’il est une mesure « en amont » de celles couramment énoncées beaucoup plus performante, mais dont on entend peu parler parce que parfaitement iconoclaste, bien que parfaitement sensée :  la surnatalité mondiale !

Les mesures qui vont être annoncées ne sont pas la cause, mais plutôt la conséquence directe de trop de vous-même et de moi-même sur terre. Lesquels n’ont qu’un objectif : vivre aussi bien que celui qui vit le mieux sur la planète !

Des annonces nous préviennent que, de ce fait, nous courrons allègrement vers le mur de notre trépas rapproché. Le déluge d’informations stressantes que nous déversent les médias chaque jour nous confortent sur le sujet. Guerres et immigration sont une des conséquences de la recherche du mieux-vivre-ailleurs. Sombre injustice ! Et moi, et moi, et moi ?

Des augures patentés nous prédisent qu’il faudrait 3 terres nourricières pour alimenter chaque habitant de la planète, comme le sont les plus riches. On acceptera peut-être de moins circuler en avion et en voiture. Mais il n’est nulle part à l’ordre du jour d’une prochaine Conférence mondiale de réfréner nos ardeurs au lit.

D’autres experts, comme on dit, estiment que dans deux générations – c’est vite venu, il s’agit des enfants de nos enfants –, l’Afrique aura plus de 4 milliards de bouches à nourrir, pour 1 « seul » aujourd’hui. Dans le même temps, notre Europe et la Chine auront réduit leurs terriens (600 millions chez nous, pour 700 maintenant ; et 1 milliard pour 1,4 aujourd’hui dans l’Empire du Milieu). Avouons que le polygame kenyan qui vient de s’éteindre à 94 ans après s’être marié 130 fois et engendré 300 héritiers n’est plus le modèle à suivre.

Si l’on partage ce raisonnement de bon sens, l’évidence est criante : trop d’humains est suicidaire ! Les animaux nous le prouvent dans des conditions semblables. Christian de Duve, Prix Nobel de médecine, et ses confrères éclairés, sont d’une totale clairvoyance sur le sujet. « L’ampleur de la population humaine soulève un problème pressant », écrit-il* « L’augmentation de leur nombre (cent millions par an) est en passe de devenir intolérable. Tous nos efforts doivent tendre à limiter cette expansion le plus rapidement possible. Sinon, la sélection naturelle le fera pour nous, avec des conséquences dramatiques dont des signes prémonitoires apparaissent dans différentes parties du Globe : famines ; épidémies ; conflits ; génocides ; attentas terroristes ; hostilité envers les immigrants ; déshumanisation planétaire… ». On peut y ajouter l’épuisement des ressources alimentaires, telle la diminution récente de moitié des poissons par la surpêche. Il faut bien nourrir tous ces gens là ! En bref, la première des actions à engager est d’aller vers une maitrise mondiale des naissances. « Sans capote, on capote ! », dit la sagesse populaire.

Seulement, cette vérité suprême n’est nullement d’actualité pour les décideurs politiques du plus haut niveau de la planète.  Le sujet les dépasse. Il est au-delà du plafond d’incompétence qui borne leur lucidité ! Comme l’ivrogne ne recherche ses clefs que sous le lampadaire, le politique ne s’intéresse qu’à la face éclairée du monde. En attendant que des cerveaux « augmentés » ne viennent dépasser le niveau de celui des décideurs du moment…

Imaginons des élites en puissance de décision chargées de la question. Profonde analyse du sujet. Évaluation des conséquences de différents scénarios d’application pratique (Le contrôle des naissances en Chine est riche d’enseignements).  Stratégie de persuasion sociale étalée sur un long temps. Mais surtout l’immense courage (l’utopie, pour certains) de se pencher sur ce pouvoir suprême qu’à chacun d’entre nous, ce pouvoir de commander librement sa descendance !

Et pourtant la raison commande aujourd’hui de se saisir de la question. Qui relèvera ce défi d’intelligence ? Cette maitrise, par nous-mêmes, de notre survie ?

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* Dans À l’écoute du vivant, Odile Jacob, 2002.

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