Président, comment choisir le meilleur ?

Libre opinion

Michel Le Net
Administrateur de République exemplaire

Préalables :

1 – Aux xviie et xviiie siècles, le monde parlait français. Le monde pensait français. Le monde lisait français. Le monde était français. À la cour de Russie, Catherine II montrait l’exemple. Le Beau, le Bien, le Vrai avaient notre adresse. À cette époque, on francisait systématiquement les mots étrangers, pour ne pas écorcher notre langue, noms propres compris.

2 – Depuis cette époque, comparés au nombre des habitants des nations proches (Allemagne ; Grande-Bretagne ; Espagne ; Japon…) et toutes choses égales par ailleurs, nous devrions être aujourd’hui 150 millions de Français, au lieu de la moitié ! Avec une population correspondante au siècle dernier, nous aurions évité les deux dernières guerres mondiales.

Deux constats parmi mille autres qui nous interpellent au moment où s’annoncent des élections majeures. À défaut, nous mériterons une nouvelle fois cette incartade célèbre parue dans le Times à notre adresse, pendant la guerre de 70 : « Vous êtes des lions conduits par des ânes ! »

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Nous sommes d’accord. Nos élus ne sont pas choisis pour leurs capacités à bien gérer nos affaires, sinon, ça se saurait. On voit ce que donne le système en place. On entend ce que disent les tenants du pouvoir. Résultat, en Italie, pays frère, 90% du public ne veut plus voir ces drôles à la télévision. On doit penser à d’autres façons de sélectionner les talents appelés à nous gouverner. À bien décider lors de graves circonstances.

Pourquoi fait-on si mal ? Déjà, du temps de Périclès le régime politique était juridiquement une démocratie, mais dans les faits le pouvoir appartenait au dirigeant le plus en vue par la puissance de la parole. Mille guerres et révolutions depuis lors, et on en est toujours là ! De fait, s’il est une organisation dont l’extrême qualité de la gouvernance s’impose, c’est bien celle de la nation française. Cependant, la sélection des meilleurs candidats pour s’y employer est établie à partir de critères qui relèvent de tout, sauf du principal.

Ainsi, tel homme gagne après une partie de chausse-trapes dont le paraître occupe 90 % du succès : 50 % pour la gestuelle et 40 % pour l’intonation du verbe. Le contenu de ce dernier est accessoire. L’intelligence de la décision et le courage de la prendre ne font pas partie du processus de sélection.

À des moments clés de notre histoire, l’un et l’autre font défaut. Bien des désastres ont été le fait de mauvaises décisions, prises aux mauvais moments, par des dirigeants non préparés à des échéances dramatiques. Un chef d’État entre les mains d’un entourage hargneux nous entraîne dans le fracas du désastre de 1870. Un président du Conseil d’apparentes qualités ne fait pas le poids face aux évènements qui le dépassent en 1940. En huit jours, la France jette l’éponge. Il s’ensuit une explosion cataclysmique à quatre-vingts millions de morts. Et la litanie de telles insuffisances est bien longue. Il est avancé que nous pourrions être une espèce répétitive de nos erreurs… Et à l’image de l’Univers qui grandit et ne semble pas regarder son passé, on peut imaginer que l’on fait de même. Demain efface hier. Et l’on nous dit que le système s’accélère. Alors bonjours les dégâts à venir ! Mais on n’est pas obligé d’y croire. Revenons sur terre.

Depuis plus de deux mille ans, la gouvernance d’État pose problème. Des montagnes d’ouvrages sur le sujet encombrent les bibliothèques. Les avis des plus « éminents » constitutionnalistes alimenteraient une encyclopédie sans fin. Le constat est lumineux, partagé par tous les politologues. Et plus encore par les opinions publiques qui se succèdent, leur amertume renouvelée : notre système de sélection est inefficace. Il faut remettre en cause la procédure de qualification de nos premiers dirigeants, chef de l’État et maires en tête. Quel que soit le moment où l’on parle, avant, pendant ou après telle élection, l’actualité s’empare des prochaines échéances. Les partis entrent en état de fébrilité maximale. Comment placer son représentant sur la meilleure ligne de départ ? À quel endroit, et à quel moment ? Dans quelles conditions ?

Tels sont les évènements qui vont encombrer les ondes et les colonnes des journaux tout au long des temps qui s’annoncent. Sans que l’on perçoive si faire ainsi nous assure d’un bon choix final. Aujourd’hui, les partis sont maîtres des lieux. Un candidat émerge à l’issue de circonstances fluctuantes, qui mettent en avant ses capacités à promouvoir des intérêts corporatistes. Mêmes causes, mêmes effets. De mauvais résultats ! Et pourtant on est prévenus, mais rien ne change. Le lobby du pouvoir verrouille à tout-va. Une tête dépasse, et la massue lui tombe dessus ! Le Général1 partageait la vision de La Bruyère (Les Caractères) : « L’esprit de parti abaisse les plus grands hommes jusqu’aux petitesses du peuple ». Il avait des idées claires sur le sujet. Ouvrir une formation à de futurs hommes d’État ne lui aurait pas déplu. Bien évidemment, à des personnages hors partis. Il aurait volontiers fondé une « Société d’encouragement pour le développement de la race présidentielle », afin que les clans sectaires n’aient plus le monopole des haras ! Liberté aux candidats non partisans, et vive l’atypisme, tant il méprisait le « politiquement asservi », obstacle majeur du progrès, et tasse de thé des politiques de peu !

Transposons par pur exercice neuronal le mode de sélection des dirigeants d’entreprise à notre institution. Voilà une structure organisée dont l’objectif est de produire des services, qui dispose d’un budget et de personnels qui y concourent. L’organisation s’appuie sur une cellule en charge de trouver le meilleur président pour conduire le navire à bon port, au milieu des récifs et tempêtes quotidiennes. Sa mission est de révéler les traits essentiels des candidats, pouvant laisser entendre qu’ils réagiraient de telle façon dans telles circonstances. Bref, qu’ils seraient proches du « plus haut plafond des compétences » pour bien faire en cas de coup dur. Pas facile. Comment imaginer qu’un homme normal ne soit pas perturbé dès qu’il entre dans une bulle où tout est organisé à son insu, planifié, éthéré ? On attend de l’homme d’État « une faculté supérieure à la faculté de résistance de tous les autres. Il faut qu’il manifeste, à lui seul, plus d’énergie que la terre tout entière », dit encore notre référent2. Qu’il transcende le temps, aguerri contre les lobbies et l’évanescence du fait divers. Il est des moments où la décision change la face du monde. Notre armée s’efface du champ de bataille de 40 en une semaine, avons-nous dit. La Révolution de 89 se joue en vingt-quatre heures, lors de la prise de la Bastille. Des chefs d’État à la hauteur auraient pu inverser le cours de l’Histoire. Mais les phraseurs nocifs d’alors monopolisent la scène et étouffent les faiseurs de salut ! Souvenons-nous des premiers temps de notre ère, où Rome est à son apogée. Ses dirigeants sont portés au pouvoir suivant leurs qualités. Puis une dérive s’installe, où le droit du sang prime la compétence. Et le déclin s’annonce…

Que l’homme au pouvoir sache aussi s’entourer. Cependant, Gustave Le Bon3, l’un des penseurs en communication les plus éminents auquel se référait le Grand homme, mettait en garde les êtres « trop » supérieurs qui risquaient de n’avoir aucune influence sur le peuple. Un écart manifeste de compréhension entre les deux peut faire qu’ils se rejettent. Aucun risque aujourd’hui ! Que les ministres soient proches des réalités du quotidien !

    Leur compétence est bornée par celle du président, d’où l’extrême nécessité de retenir un profil du plus haut niveau. Logique, pour ne pas susciter d’ombrage. Sully, Richelieu, Mazarin,

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  1. Voir L’inquiétude outre-mort du général de Gaulle, d’Anne et Pierre Rouanet, Grasset, 1985.
  2. Voir En écoutant de Gaulle, op. cit.
  3. Dans Psychologie des foules, PUF, 1981

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Colbert, vous n’étiez pas des êtres suprêmes, mais vous avez fait de la France le phare du monde ! Sous le règne d’esprits supérieurs ouverts à vos initiatives et conseils, humbles devant vos compétences.

L’entreprise sait comment rechercher les meilleurs, en comparant les performances (benchmarking, comme on dit Outre-Manche). C’est son pain quotidien. Et ça marche. Inspirons-nous de ses capacités. Mais les professionnels en charge de la tâche ne veulent pas. Ils disent que ce n’est pas la même chose. Que les politiques ne sont pas des dirigeants d’entreprise… et tout à l’avenant ! Quand on entend ça, on hallucine ! Il faut à la tête du pays des gens qui connaissent le terrain comme vous et moi. Cinquante pour cent de ministres ingénieurs ou ayant dirigé des entreprises. Sinon c’est la cata, comme aujourd’hui. Bientôt, de notre « pays-Méduse », il ne restera plus que le radeau. Donc, inscrire dans le programme de la présidentielle à venir la parité « terriens-blablateurs », y compris au plus haut niveau de l’État. Comme en Chine, où l’élite au pouvoir, comme on dit, est formée pour moitié de scientifiques. Un seul bac, où l’on enseigne la rège de 3, comme on l’apprenait à l’école. Maintenant, il parait que les zénarques ne savent pas faire. Pas étonnant, la seule matière commune à tous les prochains bacs sera la… philosophie ! Nous voilà sauvés !

Sinon, gare ! Anecdote croustillante, les conseillers d’entreprise ne veulent pas s’occuper de tels « recrutements », pour ne pas se faire taper sur les doigts par des partis mécontents, et donc perdre des marchés… de conseillers ! Parfait exemple de la veulerie dans laquelle baigne le monde dont il s’agit. On pourrait aussi (mieux, on devrait) faire comme les entraineurs sportifs. Étudier au plus près comment se comportent nos dirigeants devant leurs confrères étrangers. Enregistrer et interpréter leur pression artérielle, leur rythme cardiaque, leur élévation de température, éléments qui en disent long sur leurs capacités à bien réagir en milieu difficile. Et noter ceux qui marquent des points dans la joute internationale. Bientôt, on identifiera les gènes de la performance managériale. On travaille sur ses critères fondamentaux. Au final, on évalue qui convainc, et qui subit. Et on élimine les mauvais.

Prenons de la distance, et voyons l’affaire avec sagesse. Parmi les attributs demandés aux élus, une qualité suprême s’impose, justifiée par des siècles d’observation : l’exemplarité. Sans elle, les plus grandes compétences font long feu. Elle est le catalyseur de la bonne gouvernance. Sur cet aspect, la lucidité populaire est surprenante. Plutarque, penseur grec de la Rome antique il y a deux mille ans, avance : « La foule perce à jour même ce qui semble enfoui très profondément chez les hommes politiques, leurs caractères, leurs intentions, leurs actions et leurs vies, et ce n’est pas moins pour ses habitudes privées que publiques qu’elle aimera et admirera l’un, comme elle repoussera et dédaignera l’autre1. » Prêcher par l’exemple est la vertu des dieux. Cette modestie coutumière est capitale.

Sénèque2, notre philosophe préféré, confirme : « Pas un geste, pas un mot de l’homme d’État, pas un déplacement qu’il puisse faire incognito ; il est visible en tous lieux et à tout instant, et c’est là une servitude infinie ». Il est rivé à son sommet, ajoute Baudelaire. Nous sommes là à mille lieux du comportement des tout-venant actuels !

Point fondamental. Point préoccupant ! L’attitude du président se transpose dans la vie de chacun d’entre nous. La neuroéthique enseigne que le comportement d’autrui modifie le génome de celui qui observe. À chaque instant, inconsciemment, nous façonnons les générations en devenir. Les bons présidents répondent à l’engagement de Rousseau : « Proposons de grands exemples à imiter, plutôt que de vains systèmes à suivre3. » A-t-on beaucoup entendu des postulants au Château, comédiens des ridicules « primaires » (procédure de bas étage par rapport à celle proposée ici), faire valoir leurs réussites professionnelles à tel endroit et en proposer une application généralisée en cas de succès ?

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  1. Dans Psychologie des foules, PUF, 1981
  2. Voir De la Clémence.
  3. Dans Julie ou la Nouvelle Héloïse.

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Plutôt que cela, nous apprenons de la bouche d’un Président que les Français sont des Gaulois réfractaires au changement, qu’ils ne sont rien, illettrés, sans culture, fainéants, colonisateurs, et tout et tout, le « paquet » de la faute de notre République, allons donc ! et qui se plaisent dans le désordre… Est-ce bien ce qu’il faut dire pour nous entraîner vers les succès de demain ? Imaginons que, contrairement au précédent, il soit fait appel à nos mille capacités à innover, à nos vertus du bien faire, à notre intelligence, sans doute insuffisamment apparentes. Nous évacuons les contraintes psychologiques qui entourent ce délicat sujet, et permettons à des voix nouvelles, lucides et claires, de nous proposer des solutions salutaires.

On s’interroge sur la façon de décider, à mille lieues des chicaneries de bas étage que l’on observe dans le monde gouvernemental. Des formes plus appropriées à l’esprit humain doivent aujourd’hui prévaloir. Ainsi, la procédure en vigueur au CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) conduit au choix qui émerge des échanges. Un seul objectif : être le plus conforme à l’intérêt général. La raison prévaut sur le nombre. Revenir aussi aux sources de la démocratie athénienne. Une gouvernance « tournante ». Par tirage au sort tous les deux ou trois ans, une nouvelle équipe accède au pouvoir. On a constaté sur certains exemples, en d’autres domaines, que ça marchait !

Une autre idée pourrait être retenue, dans l’esprit du Conseil des sages du Global Elders (créé par Nelson Mandela, qui réunit mille ans d’expérience collective). Il valide les candidats qui semblent convenir. Aucun engagement n’est pris. L’aide consiste à montrer aux électeurs ce que les candidats ont fait dans leur passé. En plus et en moins. Les citoyens deviennent responsables de leur futur. Choisissent parmi les postulants. Et en assument les conséquences.

On pourrait faire appel à l’intelligence dite artificielle (IA), nouvelle poule aux œufs d’or dont il semble que le machin soit capable de résoudre tous les problèmes du monde. Donc, pourquoi pas le premier, c’est-à-dire nous éclairer sur le candidat le plus apte à bien diriger le pays ?

L’IA, dit-on, permettrait de prendre en compte davantage de critères que la méthode classique. C’est quand même toujours là le point faible. Et si on « oubliait » justement les ingrédients les plus importants ? Ceux qui font la différence en fin de course ? Mais on gagnerait par un travail moins obscur que d’ordinaire parce que plus technique et transparent, et on irait plus vite au but. Il nous faut aujourd’hui quitter les archaïsmes de la gouvernance dépassée des nations, qui manifestement est d’un autre âge. Sans avoir la naïveté de croire que la quête du Graal soit sans embûches, il nous faut oser en la matière. On n’en peut plus de la médiocrité qui nous entoure. Bien sûr, il faut savoir évaluer à priori où nous entraineraient les décisions prises. Mais on le fait bien dans le privé. Un dirigeant échoue ? Oust, dehors ! Mais surtout on cherche à comprendre ce qui n’a pas marché. Pour ne plus recommencer.

J’aime bien une émission à la TV qui s’appelle Air Crash. Un avion s’écrase. Bien dans la peau des pilotes et des experts, on veut à tout prix comprendre ce qui s’est passé. Défaut matériel ? Erreur des hommes aux commandes ? On reconstitue l’appareil à partir du puzzle des débris épars. On épluche le passé des pilotes. Les contrôles qui ont précédé. Les risques militaires et autres des zones survolées. On cherche. Et on trouve, généralement. Et surtout, on corrige ce qui a fait défaut. Et toujours, on rend les pilotes encore plus capables. Pourquoi donc, devant tant de bon sens, ne ferait-on pas de même avec nos politiques ? Si on fait aussi bien pour un avion, pourquoi ne le fait-on pas pour sauver une nation ?

Bien sûr, comme chaque fois que l’on imagine autrement que le penser correct du moment, les gens de peu commencent par dire que ce n’est pas possible. Ils nous inondent d’un déluge d’inepties en tout genre. Bien au contraire, il faut tendre l’oreille vers ceux qui dérangent. Pas qu’ils aient toujours raison, mais ils ont au moins le courage de ruer dans les brancards. Et c’est déjà glorieux ! Un exemple. Joseph, le fils ainé des Kennedy, doit présider les États-Unis. C’est du moins ce que son père veut pour lui, la guerre terminée. En 1945, pour son dernier vol, il se prépare à bombarder l’ennemi. Cependant, un sous-ordre l’avertit qu’un défaut électrique menace de faire exploser l’avion, et qu’il faut le réparer. On rabroue l’énervé. Les « hauts » gradés rejettent l’avis de l’arrogant. Sans diplôme, il a tort. Joseph embarque dans l’appareil qui se crashe comme prévu. Sans les idiots d’alors, notre monde serait peut-être meilleur ! Aussi, en 1986, la navette spatiale américaine Challenger se désintègre en vol avec sept astronautes, en raison de joints affaiblis par le froid. Les ingénieurs avaient averti du danger du lancement par un jour glacial. Les dirigeants du programme spatial passent outre. À l’inverse, Pasteur, contre leur avis et abandonné de tous les siens, prend le risque inouï de vacciner le jeune Meister contre la rage. Peut-être, sans lui, ne serions-nous pas ici aujourd’hui… Suivant le dicton bien connu, avant de résoudre un problème, ces gens de l’opposition destructrice sont le premier à résoudre. Ignorons-les !

Sinon, voyant l’horizon qui s’obscurcit chaque jour par l’effondrement des digues qui soutiennent une paix de plus en plus précaire (anarchie généralisée en différents points du monde ; immigrations non contrôlées ; surnatalité, et plus), nous en serons réduits à nous interroger, comme Pasteur cette fois en 1871 : « Pourquoi la France n’a-t-elle pas trouvé d’hommes supérieurs au moment du péril1 ? « Ou bien, encore plus paradoxal, le chef du Reich qui découvre Paris le 16 juin 1940, et s’exclame : « Pourquoi personne ne s’est-il battu pour défendre de telles merveilles ? » Suivi par Staline qui éructe sur ces pleutres qui ont vite fait de baisser la culotte. Il est vrai que l’on préfère vaquer à l’infini à la recherche stérile d’une meilleure forme utopique de gouvernement. C’est moins difficile, et sans grand risque.

À défaut, chacun d’entre nous, par une compétence et une lucidité accrue qui s’alimentent du savoir généreusement répandu, choisira la démocratie directe sur la Toile ou les ronds-points pour faire prévaloir ses choix. Et l’on sait que le pouvoir du nombre supplante tous les autres. Sans révolutionner le monde, la votation, solution sympathique de nos amis suisses, permet de les consulter sur de multiples aspects de société, importants ou moins. Ainsi, faut-il délivrer gratuitement les soins médicaux ? Empêcher les animaux de souffrir ? Supprimer les décorations ? Mieux maitriser les entrants dans le pays ? Imposer les loyers « loyaux » ? Elle conforte l’aimable attention portée au « citoyen responsable ». Elle lui donne la parole sur les aspects les plus immédiats de sa vie quotidienne. Belle alternative à la grévitude stérile qui désorganise notre quotidien de citoyen ignoré. N’est-ce-pas justement ce que voulaient en premier lieu les Gilets jaunes ? Et savez-vous ce qu’il est advenu ? Le plus navrant, dans tout cela, est que la chose est parfaitement transposable chez nous. La Suisse a muri l’affaire pendant longtemps. Elle en a fait le fondement de sa bonne gouvernance politique. Quand commencerons-nous ? Un peu de courage, et demain, comme Vauban, nous aimerons notre patrie jusqu’à la folie ! Et savez-vous ce qu’il adviendrait ? Eh bien, une augmentation immédiate de deux points de notre richesse nationale, par l’énergie retrouvée de nos compatriotes à retrousser les manches !

À moins que ? À moins que, comme on l’entendait l’autre jour sur une radio catho, la solution, dépassant l’entendement humain, serait de prier pour qu’un dirigeant bien, un souverain bien comme disait les Anciens, nous vienne un jour… Mais là, ça n’engage que ceux qui y croient !

République exemplaire ? ou, mieux, France exemplaire ! On adopte ?

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  1. Voir Pasteur, Pierre Darmon, Fayard, 1995.

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