Aux Jeunes Gens

Quelques conseils de bien vivre

 Michel Le Net

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Nous avons conscience du caractère parfaitement iconoclaste du titre de ce texte. Est-il encore aujourd’hui des Jeunes Gens, tels ceux auxquels les professeurs de saine conscience  s’adressent il y a un siècle pour leur enseigner quelques préceptes de cette Morale pratique qui leur permettraient de conduire leur vie comme il convient ? Termes désuets, rejetés par ceux-là mêmes qui s’affichent adultes avant que d’avoir été jeunes. Et pour lesquels avancer des principes de vie saine, validés par cinq mille ans d’expérience par leurs « anciens », ne valent aujourd’hui guère plus que roupie de sansonnet.

Il n’empêche. La vertu comme la nature ayant horreur du vide, du moins pouvons-nous plus ou moins naïvement le penser, ouvrons-nous à cette initiative de lucidité. Comme en ces années qui précèdent la Première Guerre mondiale, où le désarroi moral est tel que nul ne songe à le contester, proposons-nous d’ouvrir à la conscience et à la raison de nos enfants certaines vérités de grands bon sens…

La vie ne s’apprend pas à l’école ou par quelques principes abstraits. Elle s’apprend par l’action et la vie même. Laissons aux politiques de rien et aux philosophes de peu ce brouillamini des mots dont il ne sort rien d’utile. On lance des idées sensées transformer le monde, alors qu’on a peine à gérer le quotidien. Ainsi la liberté, exemple de ces termes emblématiques affichés au fronton de nos établissements publics et sensés glorifier nos vertus universelles. Mais est-il plus difficile qualité à pratiquer que celle-là ? Hier encore, protégés dans leur cocon de l’enfance, nos enfants découvrent brutalement la dure réalité de la vie. Les droits omniprésents qui s’attachent à leur statut de dépendance familiale font place à des devoirs auxquels ils sont peu préparés. Lourd fardeau, qui oblige à des efforts auxquels chacun va devoir se soumettre. Cela d’autant plus depuis l’effacement de cette école du civisme égalitaire qu’était le service militaire pour tous. On y apprenait les vertus premières qui, dans le prolongement de cette initiation au combat, servent dans toutes les circonstances de la vie : l’habitude de l’effort ; le courage ; la patience ; l’égalité ; la solidarité devant l’obstacle ; aussi l’amour du sol qui nous a reçus, la mémoire et le respect dû à nos pères. Nous ressentions l’âme de la nation, quelle que soit l’interprétation que chacun peut lui donner. Mais on s’entend, héritiers de son passé parfois tourmenté, elle est nôtre et sacrée. L’aimant comme une mère, nous devons la servir, pour que demain elle soit encore plus vénérable. Notre devoir citoyen est omniprésent. La loi est le fondement de toute civilisation qui perdure. Son respect est le point commun à la survie des espèces vivantes, de toutes natures. En aucun moment, à aucun endroit, l’état social d’un État est le meilleur. Il doit évoluer suivant l’aspiration permanente à faire toujours mieux. Mais bien sûr, dans le respect de la loi présente.

Une réflexion pratique sur notre vie intérieure est un autre aspect de l’éducation passée qui gagnerait à revivre. Les druides nous ont précédés au-delà de la mémoire, supérieurs en nous en de multiples domaines. Ils situaient la tolérance au panthéon des vertus. Ainsi en est-il du sentiment religieux, qui relève de dogmes divers et d’applications spécifiques. Notre devoir à cet égard, confirmé par des millénaires d’expériences et la quasi-unanimité des penseurs de bon sens, nous porte à ne pas blesser un homme dans sa foi, souvent la valeur la plus profonde qu’il porte en lui-même et qui peut le conduire jusqu’au sacrifice suprême. Pour les adeptes à ces interprétations de l’au-delà, le monde sans l’idée d’un Dieu n’est qu’un désert stérile, où la seule raison au sein de laquelle toute chaleur humaine est absente est un non-sens. Ainsi, lors d’un dîner chez Voltaire, la marquise du Châtelet s’étonne que les parlementaires britanniques tolèrent une si grande absurdité que la religion chrétienne. Elle s’entend répondre par le comte de Chesterfield qu’ils n’ont rien trouvé de mieux à y substituer… La croyance devient un guide de vie, au besoin jusqu’à celui du sacrifice. Turenne, illustre maréchal des rois de France au XVIIe siècle, constatait que le courage de ses soldats était amplifié par leur engagement religieux. Plus proche de nous, combien d’Hommes d’État n’ont-ils pas appelé leurs troupes au combat pour la victoire de leur « sainte » patrie ! Bien sûr, et nous nous comprenons, cette liberté individuelle s’accorde avec la neutralité de l’État vis-à-vis de ces engagements. La loi du nombre n’éteint pas la foi personnelle, elle la limite dans ses empiètements éventuels dans l’ordre régalien.

Personne n’échappe aux éternelles questions existentielles qui se posent à lui un jour ou l’autre : d’où viens-je ? où vais-je ?… Une vie exemplaire n’oblige pas à s’interroger à l’infini sur les réponses à leur apporter. Cependant une quête intérieure généreusement engagée est recommandée pour s’y approcher, comme le recommandait Socrate pour qui la vérité absolue est en nous-mêmes, et ne demande qu’à être révélée. Faire effort chaque jour pour repousser l’ignorance permet d’approcher du Graal, symbole de la plénitude de la connaissance. Alors la pensée s’élève au-dessus du médiocre, quitte cette philosophie d’antichambre comme l’appelaient nos anciens professeurs d’éthique, pour approcher ce culte désintéressé, mais au combien enrichissant, des valeurs supérieures. Il reste à s’interroger sur les aspects louables de notre conception d’une vie saine. Notre existence, celle du règne vivant, est commandée par la solidarité qui doit nous unir. Sans elle, nous disparaissons. Vœu pieu, pouvons-nous penser à la lecture du quotidien qui nous abreuve du contraire. Guerres, massacres et autres turpitudes engendrés par la mauvaiseté qui nous imprègne ont le champ libre si on laisse la bride sur le cou à notre naturel délétère. Agir, maître mot ! Combien de nos seniors en pleine force de l’âge baissent les bras alors qu’ils sont encore pleinement productifs, porteurs de cette sagesse rare qu’a façonnée une vie de labeur. Peut-être leur manque-t-il ce tire-sève qui appelle à l’action en permanence. Mais n’est-ce pas là une certaine forme de devoir pour ceux à qui la déesse Hygie a accordé le privilège de la santé…

Pour refuser l’erreur ou la médiocrité, il faut mettre toute idée nouvelle à l’épreuve du doute. Ne pas être esclave des habitudes et des préjugés. S’ouvrir à la créativité dont l’absence est un mal qui tue surement. « La mort n’est qu’une défaillance de la volonté de vivre ! » avance Goethe, qui applique principalement sa sentence aux peuples fatigués. En bref, conseille le sage aux jeunes gens qui veulent s’inscrire dans la trace de ceux qui ont fait le bien, seules les hautes idées façonnent les volontés. Traversez virilement l’existence, avec ce plus de gaité et d’ailé qui signe l’éternelle  jeunesse. Un brin d’éblouissement devant le beau et le vrai qui n’attendent que d’être reconnus comme tels. On appelle cela le feu sacré. Car rester jeune, écrit un philosophe du siècle denier : « c’est avoir le sérieux vivifié par l’enthousiasme, la gravité embellie par la poésie, la solidité du caractère embaumée par la fraicheur des sentiments ; c’est garder la croyance au bien avec la volonté du mieux, c’est mettre toute son énergie d’homme au service du rêve de Beauté et d’Amour qui manque rarement d’éclore dans une âme de vingt ans. »

Intelligence artificielle, hybridation et justice populaire

Roland Sanviti

Avocat à la Cour

Justice & Démocratie

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Chacun s’accorde pour admettre que l’intelligence artificielle ne peut procéder que des informations que l’homme aura communiquées à la machine et que les algorithmes, purs produits de ses facultés intellectuelles, auront mis en musique.

Puisqu’il faut appeler un chat, un chat, et que l’artifice procède de la tromperie et s’oppose au naturel, force est d’admettre que l’intelligence artificielle n’est et ne sera pas l’intelligence.

Or la justice est la forme la plus accomplie de l’intelligence puisqu’elle procède, non seulement de l’esprit d’analyse et de synthèse, mais également du courage et de l’émotion, c’est-à-dire qu’elle ne peut émaner et s’adresser qu’à des êtres de chair et de sang qui seront eux-mêmes juges avant que d’être jugés.

C’est pourquoi la justice prédictive constitue le simple aveu que la justice susceptible d’être ainsi rendue sera dépourvue de toute intelligence.

À ceux qui s’interrogent sur la légitimité du juge, voire sa responsabilité, il suffit de les inviter à se pencher sur la motivation d’un jugement, puisque c’est en fonction de la qualité de cette motivation que se manifeste l’intelligence, c’est-à-dire l’expression de la compréhension intuitive et rationnelle des actes et des faits qui peuvent être soumis au peuple tout entier, puisque la justice est rendue en son nom.

Aussi, l’ultime recours contre une justice injuste n’est pas le juge, mais le peuple puisque la démocratie vers laquelle il faut tendre lui impose ce lourd fardeaux, assumer la responsabilité de ses choix.

Depuis la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 24 juin 1793 et sa consécration au travers de l’avènement d’un état de droit, la juste qualification des actes et des faits et leur juste sanction auraient permis de limiter le sacrifice d’êtres humains sur l’hôtel de la perfidie.

Que cette perfidie puisse s’exprimer aujourd’hui au travers d’une prétendue justice, notamment prédictive, nous invite à faire appel à l’histoire puisque la barbarie et la violence exercées le plus souvent au détriment des peuples une fois parvenue à leur fins ont su se travestir sous les atours de la légitimé.

C’est pourquoi, une étude remarquable a été consacrée par Jean-François Gayraud « La théorie des hybrides » dont Xavier Raufer s’est fait l’écho à plusieurs reprises dans ses notes d’alerte.

L’hybridation est inscrite dans l’histoire et dans la vie de tous les jours, ce qui a toujours rendu difficile à distinguer le bon grain de l’ivraie, et seule la justice, qui est le bras armé du peuple, est en mesure de pourfendre cette imposture.

Laissons à la règle à calcul et aux ordinateurs leur seule et véritable destination, celle d’être l’outil du progrès scientifique et technique au service de l’Homme et non pas pour le transformer en robot, nouvel esclave des temps modernes, et pur produit de cette autre forme d’hybridation.

Le dévoiement des mathématiques dans le domaine de la finance et les conséquences qui en résultent, doivent suffire à démontrer que la perfection de justice ne peut procéder que de l’institution elle-même et des Hommes libres et responsables qui sont à son service.

« L’intelligence, c’est la faculté de reconnaître

 le Vrai, le Beau, le Bien ».

Emmanuel Kant

Intelligence artificielle, hybridation et justice prédictive

Roland Sanviti

Avocat à la Cour

Justice & Démocratie

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Chacun s’accorde pour admettre que l’intelligence artificielle ne peut procéder que des informations que l’homme aura communiquées à la machine et que les algorithmes, purs produits de ses facultés intellectuelles, auront mis en musique.

Puisqu’il faut appeler un chat, un chat, et que l’artifice procède de la tromperie et s’oppose au naturel, force est d’admettre que l’intelligence artificielle n’est et ne sera pas l’intelligence. Or la justice est la forme la plus accomplie de l’intelligence puisqu’elle procède, non seulement de l’esprit d’analyse et de synthèse, mais également du courage et de l’émotion, c’est-à-dire qu’elle ne peut émaner et s’adresser qu’à des êtres de chair et de sang qui seront eux-mêmes juges avant que d’être jugés. C’est pourquoi la justice prédictive constitue le simple aveu que la justice susceptible d’être ainsi rendue sera dépourvue de toute intelligence.

À ceux qui s’interrogent sur la légitimité du juge, voire sa responsabilité, il suffit de les inviter à se pencher sur la motivation d’un jugement, puisque c’est en fonction de la qualité de cette motivation que se manifeste l’intelligence, c’est-à-dire l’expression de la compréhension intuitive et rationnelle des actes et des faits qui peuvent être soumis au peuple tout entier, puisque la justice est rendue en son nom. Aussi, l’ultime recours contre une justice injuste n’est pas le juge, mais le peuple puisque la démocratie vers laquelle il faut tendre lui impose ce lourd fardeaux, assumer la responsabilité de ses choix.

Depuis la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 24 juin 1793 et sa consécration au travers de l’avènement d’un état de droit, la juste qualification des actes et des faits et leur juste sanction auraient permis de limiter le sacrifice d’êtres humains sur l’hôtel de la perfidie. Que cette perfidie puisse s’exprimer aujourd’hui au travers d’une prétendue justice, notamment prédictive, nous invite à faire appel à l’histoire puisque la barbarie et la violence exercées le plus souvent au détriment des peuples une fois parvenue à leur fins ont su se travestir sous les atours de la légitimé. C’est pourquoi, une étude remarquable a été consacrée par Jean-François Gayraud « La théorie des hybrides », dont Xavier Raufer s’est fait l’écho à plusieurs reprises dans ses notes d’alerte.

L’hybridation est inscrite dans l’histoire et dans la vie de tous les jours, ce qui a toujours rendu difficile à distinguer le bon grain de l’ivraie, et seule la justice, qui est le bras armé du peuple, est en mesure de pourfendre cette imposture. Laissons à la règle à calcul et aux ordinateurs leur seule et véritable destination, celle d’être l’outil du progrès scientifique et technique au service de l’Homme et non pas pour le transformer en robot, nouvel esclave des temps modernes, et pur produit de cette autre forme d’hybridation.

Le dévoiement des mathématiques dans le domaine de la finance et les conséquences qui en résultent, doivent suffire à démontrer que la perfection de justice ne peut procéder que de l’institution elle-même et des Hommes libres et responsables qui sont à son service.

« L’intelligence, c’est la faculté de reconnaître

 le Vrai, le Beau, le Bien ».

Emmanuel Kant

La langue française, ou l’engagement populaire à préserver notre patrimoine culurel

L’article qui suit exprime la position de Michel Le Net et d’Albert Salon, qui ont commandé ce sondage au titre  de République exemplaire (RE) et d’Avenir de la langue française (ALF)¹, Il prolonge leur communiqué précédent « Contre les prédateurs de la langue française, que le peuple de France oppose la pérennité de ses valeurs », diffusé le 2 septembre 2017 et qui annonçait cette enquête2.

Ce sondage est inédit par son originalité. Il analyse  une composante majeure de notre société, commandée par deux organismes de droit privé. Une action conjointe sollicitée auprès des autorités publiques est restée sans réponse, alors que l’on imagine qu’un tel travail relève en premier de leur autorité. Faillite de l’État, ou ignorance délibérée d’une aspiration populaire à sauver, ou du moins à préserver cet élément majeur de notre capital culturel ?

Sans connaître l’« état des lieux », comme on dit, on ne peut guère définir et mettre en œuvre une politique de bon aloi. Tel est l’objet de la présente enquête qui révèle des enseignements du plus grand intérêt. Préalable, sans lequel rien n’est possible : pour 9 Français sur 10, notre langue est une composante majeure de l’identité française.

Conscients des atteintes répétées contre notre langue (faiblesse de son enseignement ; galvaudage par les médias ; laisser aller des politiques ; etc.), nos compatriotes, pour plus de la moitié, sont prêts à s’engager dans une action volontaire pour en assurer la bonne santé. Exerçant une forme de lanceurs d’alerte, ils s’engagent à révéler publiquement les dérives majeures qui pourraient être effacées au moindre effort. Un organisme accrédité centraliserait les suggestions reçues, et interviendrait auprès de qui de droit pour corriger les déviances les plus criantes, et leur substituer des solutions alternatives. Des références tangibles existent. La Licra, la Spa, qui veillent aux valeurs qu’elles défendent (communautarisme pour le premier, souffrance des animaux pour la seconde) font ainsi. Prenons le terme hashtag, agressif  dans son écriture comme dans sa phonétique, parfait exemple de l’intrusion d’un mot on ne peut plus éloigné des attributs propre au langage populaire. Son pendant est le mot dièse, en usage chez nos cousins québécois. On aime. Pourquoi aucune autorité « légale » ne s’est-elle élevée quand il le fallait ? Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas de faire une chasse aux sorcières de tous les anglicismes qui apparaissent brutalement, mais simplement de substituer aux plus hétérodoxes, et élégamment, leur interprétation en français. La politique du juste milieu ! Une recommandation aux chaînes publiques, et le bons sens irradiait immédiatement l’ensemble des médias, Un petit effort pour un grand résultat. Manquons-nous aujourd’hui, par fatigue ou par incompétence, du minimum de réaction salutaire devant le moindre obstacle ?

Sur un autre plan, on est dépité d’entendre nos autorités politiques s’exprimer à tout va en anglais, souvent d’ailleurs avec un parler qui prête à sourire. Suivant le principe incontournable édicté par le Général de Gaulle à la tête de l’État, les membres du gouvernement, et bien sûr le Président lui-même dans l’exercice de leur fonction doivent s’exprimer en français où qu’ils soient, cette marque de leur présence renforçant la puissance de leur représentativité… Mais qui le fait aujourd’hui ?

Enfin, cerise sur le gâteau, plus de deux Français sur trois sont favorables à l’affichage de leur appartenance à la communauté mondiale de la Francophonie. Que les élus montrent leur adhésion à cette heureuse famille des francophones en associant son drapeau à celui de la France (chez nous), et de l’Europe. Et pourquoi pas, demain, nos compatriotes ne se déplaceraient-ils pas partout dans le monde en portant l’épinglette de la Francophonie au revers de leur habit ?

Pour que notre langue quitte la désespérance ressentie par les Français devant tant de laissers-allers qu’elle récuse, cette enquête ouvre la voie du « comment faire ». Ne tombons pas dans le piège des habituels « Ya qu’à ! Ils ont qu’à ! Il faut qu’on !… », renvoyant à d’autres le courage du « faire » !

Lecteurs, actionnaire de la bonne santé de notre langue universelle, faites-nous part de votre accord, ou de vos réserves sur les points énoncés. Avec votre concours, nous améliorerons notre monde. Si nous savons agir là, demain nous saurons déplacer des montagnes ! Retrouvons le temps où nous avions l’ambition d’être les premiers !

 « Votre langue et votre culture, protégez-les comme la prunelle de vos yeux. Elles sont votre richesse, votre apanage souverain… pour le bénéfice de l’humanité. »           Jean-Paul II – Unesco 2 juin 1980

Michel Le Net : contact@republique-exemplaire.eu

Albert Salon : avenirlf@laposte.net

                                                                                                                                           1 – Sondage BVA réalisé par Internet du 16 au 21 février 2018 auprès d’un échantillon de 1 000 répondants, représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus.

2 – Voir sur le site : republique-exemplaire.eu, rubrique « Communiqués »

Contre les prédateurs de la langue française, que le peuple de France oppose la pérennité de ses valeurs !

Michel Le Net1 et Albert Salon2

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   L’Histoire longue nous enseigne que les peuples qui survivent sont intraitables sur leur personnalité, sur ce qui les a faits tels qu’ils sont. Deux aspects signent leur état. Le sol et l’esprit. Le premier est d’évidence. Le second relève de la conception qu’un peuple se fait de la réalité fondée sur son passé immémorial. Il nous transmet sa langue, fil d’Ariane qui nous conduit, depuis nos origines, vers le devenir que nous choisissons.  « Votre langue et votre culture, protégez-les comme la prunelle de vos yeux. Elles sont votre richesse, votre apanage souverain… Pour le bénéfice de l’humanité », déclarait Jean-Paul II à l’Unesco en 1980.

    Or, le français, âme de la personnalité nationale, subit une véritable guerre récemment intensifiée. Le 9 mai dernier, une conférence de presse inter-associative réunissait 32 associations sous le thème : « Halte à l’assassinat programmé du français ! »3 Le constat est sévère. Outre l’offense personnelle qui touche chacun d’entre nous jusqu’au tréfonds de lui-même, l’analyse révèle les composantes d’une volonté opiniâtre de détruire notre langue. Au profit d’intérêts politiques trop connus qui ne sont pas les nôtres, mais que soutiennent nombreux ceux que le philosophe Michel Serres nomme « collabos de la pub et du fric ». À l’image de la pénétration d’immigrants non contrôlés et de plus en plus revendicatifs, de l’accaparement par la finance étrangère de nos grandes entreprises et de notre patrimoine le plus prestigieux : c’est la lenteur de l’élévation de la température du bocal qui endort l’instinct de conservation de la grenouille et la fait mourir ébouillantée !

    De l’ensemble des items qui abondent dans le dossier de référence, relevons deux exemples représentatifs de ces circonstances. Laurent Lafforgue, honoré de la médaille Fields (équivalent en mathématiques du prix Nobel), avance que l’exceptionnelle qualité de l’école mathématique française procède aussi de l’exercice en français de ses travaux et de leur publication. Le monde informatisé qui progresse sans limite a pour matrice la science mathématique. Que sa maïeutique n’oublie pas ses origines ! Or – ici le propos se fait moins noble – l’ordre économique dominant, bien que déclinant, impose sa loi du plus fort. Des exemples sans nombre attestent que l’emprise de sa monnaie oblige à ses lois. Quiconque s’en éloigne doit craindre les foudres de l’intempérance. Malgré cette énorme pression, des États lucides et volontaires redressent la tête et la barre. De grandes universités chinoises abolissent l’anglais obligatoire à leurs examens d’admission. Au Pakistan itou. Alors même que, soumis ou inconscients, nous Français continuons à suivre le courant ! Drolatique ENA, où l’on enseigne à naviguer…pour s’abandonner au fil de l’eau ! Cette inconscience, pour beaucoup, tient au formatage d’une élite dirigeante par la pensée dominante d’outre-Atlantique. Pouvons-nous accorder notre confiance à ces « young leaders » qui s’enorgueillissent d’appartenir aux cercles de cette prétendue bien-pensance ? Langue unique = pensée unique, écrivait Claude Hagège…

    La France se trouve donc devant un choix crucial, urgent. Mais alors, QUI fait le choix entre la vitalité du français et son extinction, entraînant celle de la France ? Si nous ne voulons pas laisser une élite atlantiste mener à bien son entreprise d’assassinat de moins en moins subreptice, il faut interroger le peuple. Que pensent nos compatriotes de ce combat d’apparence élitiste, mais salvateur pour la pérennité de notre personnalité nationale ? Partagent-t-ils la préoccupation dont il s’agit ? Ou bien les laisse-t-elle indifférents ? La vérité n’est jamais loin des gens ordinaires, dit-on en Chine. « Le populo a des réflexes sains. Il sent où est l’intérêt du pays. Il ne se trompe pas souvent » confirme le Général de Gaulle4 Si l’on veut contrer les « forces du mal » – selon un Bush –  par un effort à sa dimension, la cause doit être partagée par le plus grand nombre de nos concitoyens. Ne soyons pas naïfs, tel est bien l’enjeu vital du moment. Tout est rapport de forces dans ce monde. Cela vaut aussi pour cette guerre-là. Il nous faut dès aujourd’hui mesurer le mécontentement populaire, afin de puiser dans sa force une riposte adéquate, à partir du propre engagement de nos Français à contribuer concrètement à la bonne santé de leur langue et de leur pays. Si les enseignements déjà recueillis, et les résultats très encourageants de la campagne « Communes de France pour la Langue française » lancée en 2012 par 32 associations pour faire voter un manifeste pour le français par de nombreux conseils municipaux, confirment qu’une volonté populaire prend au sérieux ce défi, soyons optimistes. Remémorons-nous. Il y a trois siècles – hier, à la mesure du temps – le « beau monde » européen lisait, pensait, était français. Le pouvoir régalien d’alors avait conscience de cet exceptionnel privilège de notre langue, se projetait au loin et veillait à son évolution légitime, comme au respect de ses fondamentaux. Aujourd’hui encore, notre langue est parlée par près de trois cents millions de locuteurs, dont la moitié ont moins de 30 ans. Elle est la cinquième parlée au monde. La troisième en affaires. La quatrième sur internet. La seconde au sein des organisations internationales. Quel merveilleux trésor partagé avec respect et attention sur les cinq continents ! Elle est aussi – en France plus qu’ailleurs – protégée : par la Constitution (1992 « La langue de la République est le français », introduite par les amis parlementaires de nos associations), par des lois (Toubon 1994), par des institutions, par des règlements, notamment sur la création terminologique, chapeautée par l’Académie française.

    Et nous accepterions sans broncher qu’au sein-même de sa maison-mère la France, des bafoueurs viennent la bafouer, des écervelés la décerveler ? Soyons certains que nos descendants rendront grâce à notre lucidité et à notre énergie pour la leur avoir ainsi transmise, solide et planétaire. Mais comme tout mouvement se prouve en marchant, exigeons l’application de la loi. Devenons ensemble acteurs de notre avenir.

    Et manifestons sans retenue notre engagement à cette noble entreprise !

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1 – Haut fonctionnaire honoraire. Actionnaire de République exemplaire (republique-exemplaire.eu)

2 – Ancien ambassadeur. Président d’Avenir de la langue française.

3 –  Sous l’égide d’Albert Salon – ALF – 34 bis, rue de Picpus 75012 Paris – 01 43 40 16 51) et de Georges Gastaud, président de COURRIEL.

4 – Voir ça pique ! Secouons nos neurones…, de Michel Le Net, Éditions Jean Picollec, 2017, p. 11 et l‘article « Smartphones, iPads… ; demain, on habite en Franceland ou en State of France ? », p. 53 à 60.

Penelope Fillon ou L’effet papillon

Michel Le Net*

Voila une application de la théorie du chaos appliquée au monde politique. Une erreur d’appréciation des conséquences d’un fait à l’origine plutôt banal laisse présager des effets insoupçonnés par leur amplitude. Comme le battement d’ailes d’un papillon peut engendrer une tornade au loin.

Suivant l’adage, possible faute avouée est déjà pardonnée. La hantise du combat entre l’émotion et la raison, toujours gagné par la première, est constamment présente à l’esprit de tout homme politique. Ainsi, dès les premiers signes de « l’affaire », il eut suffit à François Fillon de reconnaître qu’il est parfaitement légitime pour l’opinion publique d’être au clair sur les comportements publics de ses hauts dirigeants. Plus encore, il put s’en réjouir, reprenant à son compte la prudence de Cocteau dans Les Mariés de la Tour Eiffel : « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur ». Parfait serviteur de l’État, donc applicateur zélé du principe de transparence qui lui est attaché, il lui suffisait de laisser la commission d’enquête faire son travail, assurant que si quelques faiblesses parfaitement inconscientes étaient décelées dans sa conduite d’élu, sans aucune réserve, il se rallierait aux décisions prises. La question portant pour l’essentiel sur des rémunérations contestées, bien évidemment il rembourserait les montants indus. Tout en s’engageant à être plus vigilant demain. Et nos concitoyens, sensibles à tant de loyauté, enterreraient l’affaire et porteraient leur attention sur d’autres sujets. Il n’est pas trop tard pour s’engager ainsi dans la voie attendue. En son temps, Hérodote (Ve siècle av. J.-C.) sut reconnaitre ses erreurs dans son écriture du monde. Cela lui valut la notoriété qu’on lui connait aujourd’hui.

Au lieu de cela, nous avons eu droit  à ce qui devrait devenir un cas d’école en matière de malfaire dans les centres de formation politique. Un dédain affirmé pour ceux qui s’étonnent (nos compatriotes, qui s’occupent de ce qui ne les regarde pas). La mise en cause immédiate de malfaisants (qui sont-ils ?) voués par principe aux gémonies. La théorie du complot, omniprésente dans le milieu politique pour justifier l’exécrable. Le moment où intervient la contestation (ce n’est pas le sujet). Bien naïvement, pourrait-on aussi penser, pourquoi ne pas avancer l’intervention désabusée d’un de nos semblables, tel un lanceur d’alerte, blessé par quelque dérive financière condamnable. La liste est bien longue, mais arrêtons là la mise en cause des obscurs par qui le mal arrive. Demain, un conflit majeur entre les maîtres du monde demandera que l’on prenne position sur le que faire. Le président devra s’élever jusqu’aux aux cimes du pouvoir, et faire jeu égal avec les plus durs de ses partenaires. Est-il bien préparé à la confrontation ? L’habit propre à la fonction peut-il par ce fait révéler des compétences encore insoupçonnées ? L’actuelle expérience du pouvoir ne penche pas en faveur de cette option. Mais qui sait ?

Tout cela fait désordre. Mélange de privilèges qui perdurent comme la misère dans le monde, malgré leur prise de conscience et leur réduction après la nuit du 4 août 1789. Un népotisme que condamnent des États parmi les plus brillants par leur saine gestion, tel notre voisin allemand dont un représentant nous jugeait récemment, comme tant d’autres, toujours au rang des républiques bananières… Cette façon de faire est proche du cumul des mandats, heureusement aboli, par la faveur injustifiée accordée aux siens au détriment d’autres salariés en manque d’emploi. On peut penser que la rémunération d’un grand élu peut lui suffire pour les besoins d’une famille aisée. Par ailleurs, quelle épouse ne se livre-t-elle pas chaque jour bénévolement à la promotion de son époux bien-aimé… C’est par de telles injustices, criantes et répétées, mais ignorées par ceux qui doivent « montrer l’exemple » qu’un pays s’abaisse. Verra-t-on encore demain, comme on l’a tant constaté, des ministres prendre à leur coté femmes et membres de leur sang pour vaquer aux tâches administratives ? De même qu’un Président prend comme ministre la mère de ses enfants ? Ou bien n’applique pas la loi qui interdit à un membre du gouvernement d’être président de région ? Pas demain, mais aujourd’hui ces dérives doivent cesser. Sinon l’opinion publique, cette entité nouvelle dans son réel pouvoir à corriger les fautes, et nous venons de le voir sur un autre sujet majeur, aura tôt fait d’exclure à nouveau les plus hauts dirigeants, ou de les condamner sévèrement. Sur cet aspect, la lucidité populaire est surprenante. Plutarque, penseur grec de la Rome antique il y a deux mille ans avance : « La foule perce à jour même ce qui semble enfoui très profondément chez les hommes politiques, leurs caractères, leurs intentions, leurs actions et leurs vies, et ce n’est pas moins pour ses habitudes privées que publiques qu’elle aimera et admirera l’un, comme elle repoussera et dédaignera l’autre. »

L’affaire du moment, quelle que soit son échéance, aura deux conséquences. La première de faire un bond vers plus d’éthique politique. On voit mal en effet que la prochaine mandature n’assainisse pas nos mœurs à cet endroit. Aussi la confirmation du pouvoir croissant de l’opinion publique, en lieu et place de celui des représentants qu’elle a élus. Ce pouvoir s’appelle aussi le bon sens. Mais ce pouvoir a sa contrepartie, une grande lucidité sur les forces en mouvement, et l’engagement de chacun à y prendre part. Nous sommes individuellement responsables de ces comportements que nous contestons. Quelques (très) rares parlementaires d’une grande lucidité et d’un vrai courage, tels René Dosière et Charles de Courson, cherchent désespérément à nous prévenir du désastre. Nous les ignorons. En attente de l’étoile du Berger ?

Puisque notre capacité citoyenne éprise de justice se renforce de jour en jour, il nous revient, comme Diogène vrai philosophe des temps modernes, de proclamer sans détours : « Je cherche un homme… exemplaire ! » À défaut, le Cronos politique dévorera ses enfants… à l’exception de celui qui un jour nous sauvera par la vertu retrouvée.

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* République exemplaire. Site interactif : republique-exemplaire.eu

Président honoraire du Cercle d’éthique des affaires (CEA)

Auteur de La communication politique, Notes et études documentaires, 1989 et La communication gouvernementale, Éditions de l’Institut de la communication sociale (ICOS), 1985.

Des risques de l’inadaptation humaine aux trop rapides évolutions

Michel Le Net
République exemplaire

Il est une théorie connue, mais plutôt ignorée dans les sphères politiques, celle de l’inadaptation individuelle aux trop brusques changements.

Prenons l’exemple du sucre, dont la consommation par personne est passée de deux à quarante kilos en cent cinquante ans*. Multiplication par 20 en une fraction de seconde, si l’on rapporte ce temps à la genèse de notre espèce. Avec quelles conséquences, nous prédit ladite théorie ? De brusques changements dans nos habitudes de vie entraînent des désordres par l’impossibilité, pour notre organisme, de les prendre en compte. Atteintes oculaires (myopie) ; cancers (sein, prostate, colon) ; irruptions cutanées (acné) ; obésité signent la maladaptation de notre organisme à cette forme de gavage d’un aliment surabondant.

Cette notion semble évidente dans la vie quotidienne. Par nature, nous rejetons l’excès. Nous accordons un temps pour apprécier la nouveauté, et la faisons  nôtre après en avoir évalué les attributs. Nous l’acceptons après ce sas de réflexion préalable. À vouloir aller trop vite en toute chose induit ses effets pervers. Ainsi en est-il en politique.

Les calamités qui ont marqué notre pays ces derniers siècles sont pour beaucoup nées d’une trop grande précipitation des pouvoirs en place pour faire prévaloir leurs exigences, légitimes ou moins. Les révolutions, coups d’États et autres bouleversements qui nous ont conduits en quatre siècles de première puissance du monde à celle que nous connaissons aujourd’hui tient dans cet aveuglement des dirigeants à ne pas savoir maitriser et conduire les changements comme il faut. Le désordre que connait l’Europe après plusieurs décennies de mauvaises décisions, trop vite prises et mal préparées en est un bon exemple. Le Brexit en est le parfait exemple.  On peut admettre que cela n’est pas des plus faciles. Mais les hautes fonctions supposent les compétences pour les assumer. Et sur ce point, reconnaissons que nous ne sommes pas bons à faire cohabiter les unes avec les autres ! Henri IV, il y a quatre siècles, avait dessiné les contours d’une Europe manifestement plus intelligente que celle qu’on nous impose. D’abord une identité politique. Puis une armée pour consolider et défendre le tout. Enfin le reste… Nous avons commencé par le reste, et nos dirigeants restent surpris et pantois devant les turpitudes engendrées par leurs insuffisances. Parodiant une question célèbre qui avait cours dans les rues de Paris il y a deux siècles, nous serions tentés de les interpeller par : « Vous n’êtes pas au courant (de ce que pense l’opinion publique), vous faites donc de la politique ? » Michel Rocard fustigeait il y a trente ans ces « réponses circonstancielles mises en œuvre sous la pression des évènements, ces aménagements n’ouvrant nulle part de perspectives de solution durable car dépourvus de principe directeur… »**

À l’image du sucre, trop consommé et trop vite, la boulimie des diktats européens irréfléchis engendre ses équivalents pathogènes : brusques déchirements ; incompréhensions ; désordres ; en attendant de douloureuses  reconfigurations dont personne ne peut encore mesurer les conséquences. On pourrait aussi parler des déferlantes de décisions politiques irréfléchies qui passent bien au dessus de la compréhension populaire, suivies de ressacs qui brisent tout.  Pas qu’il faille peu décider, mais qu’alors la réforme soit prise au moment qu’il convient, comme un fruit se cueille lorsque la nature, prenant en compte les mille paramètres de son mûrissement, l’offre naturellement à la consommation.

Calmons le jeu. Rejetons la précipitation au rang des accessoires à risques. Et prenons le temps d’expliquer chaque décision projetée comme il convient. À l’agriculteur, à l’éleveur, au boulanger, au poissonnier et au boucher, enfin aux vraies forces vives de la nation qui, plus que les autres, savent ce qu’est le labeur et les vraies valeurs qui donnent du bonheur au peuple !

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* Voir Cro-Magnon toi-même !, de Michel Raymond, Seuil, 2008.
** Ouverture du 1er symposium international sur l’éthique, l’économie et l’entreprise, au Palais du Luxembourg, le 20 avril 1989.

L’affaiblissement de la justice conduit à l’Etat de non-droit, puis à celui de forces criminelles

Roland Sanviti, avocat à la Cour

Président de Justice et Démocratie

Tandis qu’il n’est question que de l’État islamique, il est un État dont l’émergence a insidieusement échappé à la vigilance des citoyens, c’est l’État de non-droit. La disparition de la souveraineté des États a rendu les citoyens orphelins laissant la place à d’autres souverainetés, chacune puisant sa source dans sa propre Loi : tribale, féodale, mafieuse, qui use de l’arme universelle qu’est devenu l’argent. Cet argent impose sa volonté, permet d’acheter des consciences, des femmes et des hommes qui deviennent à son service, le plus souvent à sa merci.

L’État et le Droit, dont la justice est le bras armé, sont consubstantiels, l’un n’existe pas sans l’autre puisqu’ils supposent la juste qualification des actes et des faits et leur juste sanction. C’est pourquoi la clef de voûte de toute démocratie repose sur la justice. Elle seule permet la traduction de la morale et de la norme en jugements et sanctions.

Priver tout homme de la possibilité de distinguer le bien du mal, de ne pas s’interroger sur la légitimité du pouvoir, sur la provenance de cet argent qui le divise et qui l’opprime a toujours été le dessein de tous ceux qui aspirent à bâtir leur pouvoir par le crime et la corruption. La seconde partie du XXe siècle a révélé l’existence d’institutions pendant longtemps invisibles, d’organisations criminelles qui favorisent un nouveau capitalisme de cette nature. Ces nouvelles puissances imposent leur volonté et leurs règles afin de favoriser la conquête des pays dont ils entendent s’approprier les richesses, notamment sous la forme de la prise de contrôle des fleurons de leur économie.

Le simple fait que la commission européenne ait introduit dans le calcul du PIB le trafic de la drogue et la prostitution, puis que l’ONU constate son échec dans la guerre de la drogue, confirme la mainmise d’un capitalisme criminel qui constitue le pire des dangers pour la démocratie, et par conséquent pour la sécurité des personnes et des biens. La prochaine étape de cette conquête consiste à disqualifier toute forme de criminalité économique et financière, à légaliser la corruption, c’est-à-dire à soumettre le citoyen à la volonté d’un pouvoir financier lui-même passé sous le contrôle de la criminalité organisée.

Confronté à ces périls dont le terrorisme, l’insécurité, le chômage et les crises économiques sont les manifestations les plus spectaculaires, le citoyen est dorénavant placé devant un choix. Soit combattre pour promouvoir la démocratie qui suppose le respect de la loi et de la règle de droit, et par conséquent l’existence d’un État fort. Soit abdiquer toute liberté et accepter peu à peu le statut d’esclave auquel sont soumis les hommes et les femmes qui vivent dans les régions du monde où règnent de façon plus ou moins ostensibles ces organisations criminelles.

Cette évolution devenue inexorable par la seule volonté de ce pouvoir financier criminel  rappelle que l’institution judiciaire est le bouclier et le fer de lance de la démocratie, en charge  de faire respecter ce pacte social, puisqu’à défaut, c’est le système mafieux qui dicte sa loi.

60 ans serait-il l’âge de la bonne gouvernance ?

Michel Le Net

Nous sommes blessés par ces jeunes hommes et femmes du gouvernement qui n’en finissent pas de déverser leur trop plein d’énergie dans la calomnie, la vindicte  et  la malfaisance, le tout avec et un non-sens des réalités de la vie qui fait frémir. On se dit qu’il faudrait tempérer leur ardeur. La rediriger vers de meilleurs sentiments, et une compétence bien en défaut. À cette fin, une solution ferait l’affaire.

Il s’agirait d’assortir aux quarante ans, par exemple, un coresponsable blanchi sous le harnais, dont la présence serait le gage de décisions réfléchies. Cette précaution éviterait que la fougue de la jeunesse ignore l’enseignement des siècles passés en matière de comportement des hommes, face aux décisions qui les touchent au plus près.

L’idée s’appuie sur la prodigieuse faculté qu’ont certains des nôtres de s’épanouir avec l’âge. Comme l’ont découvert les neuroscientifiques leurs neurones en permanence générés, sont manifestement boostés vers le sublime !

Ainsi, en consultant les bibliothèques, on apprend que dans les arts, l’encore jeune Wagner compose Parsifal à 70 ans. Haendel écrit les Oratorios à un âge à peine plus avancé. Verdi produit Falstaff  quand il atteint l’octogénie. Goya, le Titien et Michel-Ange peignent leurs plus belles œuvres avant et après 80 ans. Goethe termine Faust à 83 ans. Et que dire d’Homère qui écrit l’Odyssée plus qu’octogénaire, et aveugle, du moins le dit-on !

En politique, de bons dirigeants gouvernent à ces âges. Churchill quitte les affaires à 81 ans. De Gaulle à 79 ans. Adenauer à 87 ans. Nelson Mandela sème la paix en Afrique et au-delà, par son Conseil des sages (Global Elders) à 89 ans !

En économie, on peut mettre en avant la figure de proue de la discipline au XXe siècle, J.-K. Galbraith, qui décède dans ses œuvres, à… 97 ans, après avoir « bien » conseillé moult présidents américains, qui ne suivirent d’ailleurs pas particulièrement ses avis. Ainsi, comme le Général, était-il contre la guerre du Viêt-Nam, sous Kennedy. Victoire du jeune âge contre l’âge avancé. Celle de l’erreur sur le bon sens.

En bref, cette litanie de grands hommes toujours à la tâche au-delà de l’habituel, montre que des cerveaux de qualité s’enrichissent de connaissances, d’expériences et donc de raison au fil du temps. Il faut en tirer partie.

Le projet consiste à adjoindre de tels sages aux écervelés aux jeunes années qui s’agitent en permanence dans toutes les directions et leurs contraires. Le Parlement et le gouvernement, pour faire bref, sont un gisement considérable de tels excités. L’écran au quotidien nous montre à l’envie les caprices de ces drôles qui rêvent d’un système où leur réélection serait permanente, et permettrait l’accès au plus vite au faîte du pouvoir. Le bien commun n’est manifestement pas leur priorité.

On fait donc appel au peuple des sages, aptes à parrainer les jeunes espoirs qui nous gouverneront. Aux premiers la prudence de l’âge. Aux seconds la capacité de déplacer les montagnes. On imagine une parité 40/80 ans. On sélectionne évidemment les meilleurs de la dernière tranche, ceux de la veine des exceptionnels cités plus haut. Ce faisant, on allie le dynamisme et l’expérience. On dégraisse le mammouth administratif de la charge accumulée depuis des lustres. On pousse vers l’innovation et le progrès. Mais, dans le même temps, on évite les emballements inconsidérés tels qu’on les a connus ces dernières années, où des décisions sont prises en dépit du bon sens. On évite incidents et guerres, quand trop souvent les drones, missiles et autres excellences de notre capacité à tuer, servent de solutions faciles à nos politiques vite dépassés par les évènements du monde.

Au final, proposons que nos aux hauts dirigeants, d’une heureuse jeunesse, soient parrainés par des anciens reconnus pour leur brio et leur sagesse passée dans les affaires. On construit une nouvelle parité, ou un binôme si l’on préfère,  après celui des hommes/femmes retenu lors des dernières élections locales. En bref, un jeune de 40 ans, allié à un sage de 80 ans, équivaudrait à un excellent sexagénaire. Et si on essayait ?